Tout le monde sait que c'est nulle part.

jeudi 10 août 2017

Be back soon....

To be continued......

jeudi 6 août 2015

Le vrai moi is coming along ( and assorted lunatics)


https://www.youtube.com/watch?v=9QhB411bMuU


J'entretiens une relation étrange avec "Quadrophenia". Une sorte d'histoire d'amour qui s'est révélée sur le long cours, un peu comme lorsque l'on se rend compte que l'on est en train de devenir fou de passion pour ce qui était sensée être sa meilleure amie. J'ai mis du temps à venir à ce disque. Ou plutôt non : je l'ai aimé tout de suite, d'un bloc, mais pas à la hauteur du trouble qu'il sème en moi désormais. Au tout début des années 90 ( souvenez vous, petits merdeux, vous n'étiez qu'ersatz de vie alors qu'on s'apprêtait à se prendre "Nevermind" dans la gueule), j'ai eu une période Who à forte activité sismique. "Who's next" était en rotation intensive sur mes ondes persos, et me secouait le bulbe avec application. Et puis un beau jour, à la Fnac de Dijon, je me suis décidé à acheter ce fameux double album, dont Townshend aimait à dire ( et encore aujourd'hui) que c'est son oeuvre la plus aboutie, son masterpiece ultime. Et puis comme la patience n'est pas le trait de caractère qui me définit le mieux et que je devais prendre le train dans la foulée, j'optais pour la version K7 ( message aux merdeux cités précédemment: oui, nous, les vieux, pour la taille d'un iPod avec 15000 chansons, on avait qu'un seul album, et encore fallait pas tomber en rade de piles pour le walkman Sony qui pesait trois kilos cinq).
Toujours est-il qu'au sortir d'une écoute prolongée de "Who's next", j'attendais avec grande faim la suite des aventures de Townshend et de ses potes. Et d'entrée de jeu, ça frappait très fort : "The Real me" et ses power chords insolentes n'étaient pas sans rappeler la rage incroyable contenue dans "Won't get fooled again". C'est après ce titre que je me suis un peu demandé où le grand tarin de Pete voulait m'emmener : une longue pièce sans lyrics, bourrée de synthés et de violons, on était particulièrement loin de l'approche moonienne du rock le plus brutal... Alors oui, j'ai aimé, mais pas dans les proportions bibliques que j'escomptais. Durant les années qui suivirent ce premier contact somme toute mitigé avec la chose, je revenais vers le disque de temps en temps, ne sachant pas vraiment à quel moment le déclic allait avoir lieu, et surtout s'il allait avoir lieu un traître jour. Il est à noter que je ne me pose pas la question avec "Le Grand Amour" d'Obispo, et ce pour plusieurs raisons éminemment évidentes :  je ne l'ai jamais écouté ( c'est un principe, je préserve le peu de santé mentale qu'il me reste en n'écoutant jamais ce qui sort du cerveau d'Obispo), et étant donné le nombre pharaonique de bouses auditives que ce Polnareff de province a sorties durant sa glorieuse carrière, il serait pour le moins étonnant que l'Esprit Saint s'abatte subitement sur l'infime partie de sa conscience qu'il nomme "inspiration". Bref.
Les faits étaient clairs, limpides, voire inquiétants :  je ne comprenais pas ce que Townshend voulait précisemment dire avec son concept des quatre faces du vinyle pour quatre personnalités, j'avais un mal fou à suivre l'histoire tortueuse de ce Jimmy, paumé entre ses parents, son psy, ses potes, sa Vespa à rétros, etc... Je l'étais tout autant que lui. Et quand ça ne veut pas rentrer dans mon coeur, j'insiste pas, je laisse au repos et j'attends de voir. Je ne veux en aucun cas violer ma sensibilité. Ce serait moche. Même sous le prétexte que c'est un album de mes chers Who ( my FUCKIN' dear WHO !!!!!). So wait and see.

Et puis, un beau jour de 2013, j'apprends que les ancêtres viennent à Bercy pour y jouer l'intégralité de l'album en question. Il est tout à fait clair que je prends mes billets dans la seconde, et que je me mets en stand-by émotionnel en attendant ce fatidique 3 juillet 2013.
De toute façon, à cette époque tristement noire de ma chienne de vie, le stand-by émotionnel était une seconde nature chez moi ( Tonton Pilules, qu'on me surnommait).
Dire que la dépression ruinait ma tronche était fort peu par rapport à ce qui se tramait dans mon for intérieur. Je rassemblais tout de même mes forces pour atteindre le POPB ( avec des pilules plein les poches, pour garder un semblant de moral durant le show).

Je ne sais pas si l'on peut comparer cela à une révélation mystique à la con ou un truc du genre, mais je le jure sur l'âme de John Bonham : les deux heures qui ont suivi cette attente fébrile furent parmi les plus intenses que j'ai pu ressentir en live. Non pas parce que les Who ont cassé des guitares ou ont hurlé comme des chiens, ce ne fut, après tout, qu'un concert parmi d'autres sur la longue tournée consacrée à "Quadrophenia". Mais tout à l'intérieur de ma petite âme, c'était le Tetris parfait :  le monde entier s'emboîtait de manière diabolique. Mon cul flottait environ à dix centimètres au dessus des fauteuils rouges de Bercy : "Quadrophenia" me pénétrait littéralement, à la cosaque, prenait d'assaut l'entièreté de mon système émotionnel. Le concept devenait compréhensible comme un bouquin de la bibliothèque verte, les chansons se suivaient dans une logique précise, magistrale, et je me demandais, tout en ayant les yeux exorbités ( j'ai jamais eu les yeux exorbités au travail, c'est étrange, tout de même..), comment avais-je pu passer à côté de ce missile pendant plus de vingt ans. Et peu importe le scénario alambiqué à souhait qui sous-tend "Quadrophenia", on s'en cogne, finalement.  Ce Jimmy, coincé entre les mods et les rockeurs, c'est nous, tout simplement. Son parcours symbolique dépeint avec acuité notre rapport à la vie et aux autres. C'est d'une universalité étincelante et implacable. Ca monte en puissance tout au long de l'album, un vrai rouleau compresseur, mon pote. Comme un type qui prépare un burn-out, qui est en passe de faire une grosse bêtise, un quidam comme on en rencontre des millions dans les banlieues de Paris ou de Brighton. Nous. Vous. Moi. Torturés. Multiples. En quête. Seul l'amour peut régner sur nous. "Only love can reign o'er me"... J'en suis intimement convaincu.

Pour preuve supplémentaire de ma méprise criante quant à ce fabuleux disque, je n'avais quasiment jamais écouté "The Rock", pénultième pièce totalement instrumentale. "Oui, ça va, on a compris, zim boum, et vas-y que je te rebalance les 4 thèmes du disque, c'est bon, coco, refais nous un "Baba O'Riley" et arrête d'essayer de nous expliquer la vie, tu saoules".
Bon Dieu, en ce 3 juillet 2013, je ne l'ai pas exactement pris de cette façon : c'était l'aboutissement absolu, Jimmy comme moi nous nous retrouvions sur ce putain de rocher, face à la mer, et les alternatives ne se bousculaient plus. Soit on en finissait une bonne fois pour toutes ( miam, comme c'est tentant une jolie falaise), soit on prenait le parti définitif de rester dans la lutte bien vaine d'une vie absconce, même si la calanche nous attend avec appétit, même si l'on ne pourra plus écouter "Quadrophenia" lorsqu'on se fera bouffer les couilles et le reste au fond d'un cercueil, même si l'amour est une denrée volatile et à l'existence éphémère, genre arnaque du siècle pour laquelle on se fait saigner le bide tout en sachant qu'on finira de toutes façons comme des cons :  malheureux et seuls lorsque la belle dont est raide dingue aura foutu son camp.

Ce jour là, à l'écoute de "The Rock", les images défilant de concert sur l'écran géant de Bercy et dans mon esprit, je crois qu'un cadenas a cédé dans ma psyché, le plus simplement du monde. Je me suis tourné définitivement vers la vie, malgré les réticences que je nourris depuis mon plus jeune âge quant à cet immense absurdité. Les larmes ont coulé méchamment. Comme au "The Wall" de Waters, deux ans avant au même endroit, j'ai pleuré jusqu'à ce que ma réserve lacrymale soit à sec. Et je me suis rendu compte que j'aimais l'existence, moi, le dépressif qui se lève à reculons depuis des fuckin' years. Ben ouais, j'aime ça. Avec rage. A tel point que j'ai une trouille bleue de ne plus y avoir ma place un jour. J'exige une extra-ball, comme dans "Tommy", merde !!!!
Les mois ont passé ( savent faire que ça, ces cons, d'façon). J'explore depuis goulûment toutes les versions de "Quadrophenia" qui tombent entre mes pognes. Les arrangements de cuivre somptueux d'Entwistle, ses lignes de basse phénoménales ( écouter "The real me" au casque relève de l'orgasme), la beauté virginale qui émane de ce disque ne me quitte plus d'un poil de cul. "Quadrophenia" est mon allié. Jusqu'au bout du bout. Hé, ça compte, ce genre de trucs, sur le long chemin abrupt où l'on se trimballe tous.

Je n'oublierai bien évidemment pas de sitôt ce fameux "..Rock" où mon inconscient a de nouveau ouvert les vannes libératrices du soulagement spirituel. Ce fut magique. Un instant suspendu dans l'arène parisienne, un immense rush d'une plénitude et d'une pureté parfaites. Un vrai beau moment de rock'n'roll. Et il faut bien admettre que c'est hautement jouissif, les mecs. C'est pour cette raison que j'arpente depuis trente piges toutes les salles de concert qui se trouvent sur ma route : pour en pleurer tellement c'est bon. Ca ne marche pas à tous les coups. Loin de là. Lorsque je suis allé voir Airbourne à l'Olympia, j'attendais énormément de cette bande de furieux australiens. Le résultat a été catégorique, net, radical : zéro, aucune émotion, des postures rock  à la con, des pieds sur les retours, des cris de crétins stupidement avinés, des gesticulations de pantins surexcités, des bières qu'on s'explose sur la tronche ( putain de Dieu le cliché à la noix....), mais strictement rien qui ne vienne sonner l'alarme du côté de mes yeux. En revanche, un vieillard usé et bedonnant nommé Peter Dennis Blanford Townshend, en juin 2013 sur la planète Terre, m'a juste redonné l'envie de continuer à vivre, pour sa part.
Trois fois rien, quoi....
Non, Quatre fois rien, plutôt.


https://www.youtube.com/watch?v=A4D1rsQ_apc

https://www.youtube.com/watch?v=AGxFvswt2hM

lundi 27 avril 2015

Salutaires finitions





Tout est bien, tout est bord cadre, tout est allumé
J'ai ma tête des jours déments, des grandes heures sauvages
La soupe maudite croupit dans un informel grès
Et je salive à la pitance du complet barge.

J'ai croyance en l'éternelle forclusion des âmes
En la doucereuse repentance des éperdus
A trop donner de soi, on fossoie son sésame
On ensevelit l'espoir, on songe au pendu.

La gerçure du glabre, l'incestueux manège des fous
A fait de moi un rampant, une cohorte minable
Je traîne ma vie comme on me pousse à la grand roue
Là, Il n'y a personne d'autre, je suis mon propre diable.

Damné à l'exil, en direction du perchoir
Sous la fourche, sous la trille, sous le couvercle fermé
J'apprête mes habits pour traverser le miroir
J'attends de cette guerre qu'elle me dévaste en fumier.

Tout marche par cycles, tout est métempsychose bleutée
Du petit enzyme je repars vers le guignol
Je m'administre la basse fermeture, je me tais
Je me revisse les dix huit clous à la chignolle.

Quoi, la prochaine, la suivante, la toute neuve, la next?
Une éventuelle créature qui remplacerait?
Un ersatz, un goût amer, un tout récent texte?
Une pâle copie de l'ancien festin, imparfait?

Non merci, nous préférons le futur à cru
C'est dans la jouissance du hasard que tout se tient
Le loisir de découvrir d'infinies blanches rues
Dans l'inneffable splendeur du labyrinthe humain.

Alors la course va se poursuivre en dents de scie
Je n'ai nulle peur du trépas, du sang, de la fièvre
J'ai l'orée d'un monde nouveau à ma seule merci
Je vais faire de mon supplice un travail d'orfèvre.

Sacrifice de la mélopée






Et quand bien même tu aurais ainsi survécu
A cette traversée, à la folie, à l'amour
Devant ce qu'il te reste à vivre, tu n'es que nu
Tu fais face à l'immensité de tes carrefours

Car la ligne droite est oblique, bien tordue, malade
Tes repères ont basculé dans une dimension
Où tout est faussé, les courbes, les traits, les arcades
Tu reviens de passion, la gueule en contorsion

Il ne fallait pas s'y aventurer, preux candide
Ne jamais croire à l'amour comme on fait joujou
Tes ailes sont brûlées, rongées par tous les acides
Par le vitriol de cette corde nouée à ton cou

Et pourtant, regarde toi, malgré tont teint de craie
Tu as vécu la plus grande des saintes chevauchées
Tu as craché ta vie, pressé la roue, aimé
Tu as goûté au plus dément, à l'insensé

De tout ce qu'il reste à advenir ici bas
Rien ne sera, rien ne vaudra, rien ne saura
Etancher ton palpitant, tempérer ta foi
Aucune fleur, aucune came ne possède cette aura

La pilule est puissante, le philtre a infusé
Parmi tes douleurs est née une nouvelle force pure
L'inouï pouvoir à arpenter les routes défoncées
La capacité à dompter toutes les cassures

C'est en revenant brisé de ton fou voyage
Que ton sacrifice a pris enfin tout son sens
Le glaive qui te lacère le dos, qui tisse ta cage
Te fait libre, royal, devin des infimes essences

L'ultime est foyer, l'absolu est territoire
Avant de me fondre dans le somptueux iréel
Je vis mes dernières lueurs d'incarné notoire
Et j'attends le coup de grâce, résolu au ciel.

La traversée des ombres




Lugubres et pantelants, les oripeaux s'affairent,
Nous avons troqué nos iris pour d'amères haches
C'est bien l'ère des spectres qui franchit ces deux cerbères
Pour déverser sur nos âmes son infâme panache.

Délétère, la fonction terminale: delete Terre
Que le vivant s'annihile, froissé en fierté
Qu'il retourne au vide, à l'innommé, à l'éther
La voie est libre pour le sacre de l'insanité.

Là bas, j'aperçois de faux amants dans mon ciel
Ils se mirent, s'atermoient, se palpent et se déhanchent
Bien modestes poupées régies par l'ironique fiel
Qu'ils batifolent à foison avant la calanche.

N'ont ils pas saisi que rien n'existe désormais?
Que cette planète est froide, qu'elle est nue, qu'elle se meurt?
Que c'est l'ombre qui se joue des rêves diffamés?
Qu'à trop braver le mal, il sort de sa torpeur?

Il fallait nourrir nos doux coeurs à l'utopie
Et non pas nous croire plus purs que les divines plaines
Nous aurions vaincu à faire du drame une charpie
En lieu et place, nous vomissons l'ancien éden.

Grands dieux, seigneurs, empereurs des noirs abîmes
Faites fondre votre courroux sur ces stupides vanités
Puisqu'il est bien impossible que rien ne l'infirme
Que l'atroce vérité éclate, chers invités.

Il est trop tard, le dark réclame son satan dû
Vous êtes attendus, prenez place, disposez vous
Six fois trois, par rangées de dix huit contigus
Calez vous l'échine face à l'écran, juste dessous

La cérémonie des dingues c'est pour tout de suite
La grande kermesse des cerveaux qui explosent, boum boum
Inutile de tenter, pantins, une quelconque fuite,
C'est au gun qu'on vous reprendra, à la doum doum.

mercredi 22 avril 2015

Pentes





https://www.youtube.com/watch?v=x-vleMd2ITA


I . Le Sabbat de l'unicité


Feulement.

Familier feulement.

Ce sont tes gorges qui s’enlisent.

Apocalypse du devenir entier.

Qui t’a prévenu ?

La terre a parlé, ses racines ont vu, elles.

Au plus atroce.

Profondément.

Les lombrics grouillent à plaisir, bienheureux de rentrer en leur possession.

D’innerver.

De déposséder ta chair de son libre arbitre.

Laisse les.

Ils vivent.

Ils arrivent.

Dans l’émoi délicieux.

Splendeur indicible.

La haine sur tes lèvres.

Enfin.

Mort à soi-même.

Tas d’os.

Putride joliesse.

Viscères sans mouvement, riches du vide absolu.

Purification.

Putréfaction.

Rare est faction.

Tu te reconnaîtras, au dedans, viens, viens, engloutis, opère, calfeutre, avale tes obliques, jouis de ce rien.

Salvateur.

Tric.

Trac.

Caduque espoir.

J’exulte.

Pour la suite du possible amer.

Le mal était en subtile jachère.

Il festoie à présent, il se découvre beau.

Et tout est submergé, la honte est morte.

Sur son modeste cadran.

Elle était pesante, lourde, charriait l’espoir nauséabond.

Des reflets imparfaits.

Vérité biaisée.

Diaphane, coupable, vaporeuse.

Lumière de chimère, déguerpis, fossoie ta viande.

Je me tiens à la disposition du frère néant.

Noir.

Nom.

Non.

Noir.

Tout est loin.

La brume, maintenant.

Dans le présent du tant vécu.

Je m’éveille à la nuit.

C’est le jour qui était terreur.

L’aube, elle, était erreur.

Je m’éclaire aux flammes de l’ombre.

Abandonné et fier.

Luisant cuisant.

Toute puissance de l’échec.

Danse et joue, chromosome, fie toi au Rex.

Le chemin de la douleur te nourrira, tu n’auras plus soif , ni faim.

C’est ton sang qui sonnera juste.

Ton cri.

Tout me hurle.

Dans les galeries obscurcies au sang.

Creusant le noyau des sphères.

Jouxtant le magma, au plus près du ventre.

Tu vas vivre mort.

Qu’il sera doux de goûter à tous les repos des abysses.

L’existence, infâme infante, est retournée à ses tréfonds.

A son pieux mensonge.

Elle a écarquillé ses pupilles ineptes.

Son visage a explosé sur d’informes varices.

Le goitre du réel a fondu.

Cher docteur, avez vous une fiole de joie ?

Que je la réduise en d’innocentes miettes…

Mon songe, mensonge.

Je ne visite plus mes cauchemars.

Je les vis, oui.

Il fallait périr de leurs sceptres miroités.

Prunelles pommelées, veillez à rester à distance désormais.

Je ne conçois plus que la cécité terminale.

L’informe est une science.

Il se conceptualise dans la chirurgie hormonale.

Précise, cruciale, implacable.

J’ai quitté l’enveloppe, je précède la gloire de tous les espaces furieux.

En vue, à l’horizon : la non matière.

Je pleure ma fleur tout en la dévorant.

Je crache de la lucidité en alvéoles.

C’est sordide et beau.

Nous sommes des multitudes.

Portant des bouts épars de quelques nous.

Venus d’un royaume où la folie est d’époque.

Alanguie, vermeille, ocre, tenace, imprégnant le linceul du vivant.

C’est la liberté originelle, juste au commencement du territoire de Bébé, de l'édenté éphémère.

Et c’est létale qu’est dépeinte l’aurore, depuis peu.

Le bouc me toise.

Fixé dans son socle de granit.

Le bouc me sent, me voit, m’appréhende, me vise.

Je me soumets à l’occulte.

Le complot du venin ourdissait ses très riches heures.

Qu’il fasse office, qu’il soit somptuaire, qu’il soit l’antithèse.

C’est bien le glabre virginal qui s’efface.

Pour laisser place à la volupté des chevelures de l’hystérie.

Ici m'aime. Pour l'ailleurs promis.

C'était écrit.

Aucune justice dans nos destinées.

Ce sont de pauvres lignes jetées en pature aux ténèbres.

Des détails, quelques souffles, des peurs de mélasse.

Des hantises à demeure.

Va vers ta colère, maintenant.

Désunis toi.

Déracine toi.

Dépossède ton antre de ses oripeaux.

Quand bien même as tu encore des pensées.

Extermine les.

Méticulosité.

Il n'y a plus d'idées.

Colifichets.

Que d'anciennes effluves de parfums orbitaux, des sens à peine souvenus.

Clarté de la peine.

Obsession en déconstruction.

Fin du moi.

Je me suis perdu.

Je me suis vu.

J'ai tué l'amour.



II. L'art est naissance



Les ruelles du c'est ici s'appauvrissent d'heure en heure.

Dans un coin, une ombre en esquisse.

Une suggestion, un corps.

Même pas.

Une harpie drapée dans sa vase.

Tiens toi.

C'est l'exacte senteur du bitume qui t'a bercé jusqu'ici.

D'une courte tête.

C'est la précision des cordes.

Les neutrinos en suspension.

Une parcelle en usufruit, tout un univers à louer.

Tu étais dans l'oeuf.

Tu visitais le pur rêve des morts en vacances.

Pâleur encore.

Rien n'est inscrit sur tes membres.

Névrotique, amphibique, amniotique.

Un essieu dans une eau troublée.

Un coeur inconstitué.

Disloqué, heureux gémisseur, profite de ta verdeur.

Goûte cette aurore.

Puisque l'animal a survécu.

Il peut frémir.

Rougir.

Militer pour son absence.

Tes yeux ne se voient pas encore.

Mais les mirages de la conscience sont annoncés.

Petit privilège de ton rugissement futur.

Tu vas revenir.

Tu es déjà en route vers ce jour maudit

Sauvez moi de l'appel des néons.

Vivre.

Calembour inique.

L'inepte incarnation.

Réhumanisé.

Tu vas devoir te vautrer dans la souffrance absconce, te réacclimater.

Abject objet.

C'est un manque de respect que de continuer.

Je me suis tellement réjoui de la perte des flux.

Je ne pourrai pas y retourner.

Qu'y faire ?

Pour brûler encore quelques jetons calibrés ?

Travestir mon semblant dans la cité plasmique ?

Trahir mon invraisemblable désir ?

Tronquer le ça ?

Me diffuser ?

M'arranger avec quelques sires à sbires...

Tanguer sous la servilité.

Ramer.

Lutter.

Aimer.

Crever.

Allons.

Rester en mort, c'est mon plus cher souhait d'ébène.

Prolongez mon exil, veillez à mon éternelle syncôpe, je vous en prie.

C'est une excuse abordable.

La créature me voit, à présent.

La Sylphe incessante, la mante.

Ses globes m'envisagent crânement.

Fort bien. Fort beau.

Tu n'as qu'à tendre la main.

Je me broierai peut-être les phalanges, si j'ai un rire bleuté à perdre.

Haleine proche.

 Brusquement une envie d'indignité.

De moiteur chambrée, de visites édifiantes.

Elle est en femmée, se dit vagues, se pousse.

 Je veux. Tout je veux.

Nuée à l'atmosphère, derrière une dorure obscène de rideaux, empourpre moi prestement.

 Pululle sur mes jambes et indispose moi à la rigueur du blanchâtre.

Gorgone apparentée, tu seras musique, mère, femme, espèce critique.

Désinvolte racine noyée d'immature.

J'accepte ici la recomposition des frontières.

Je signe ma reddition.

Seulement, sur le vif, au travers du visage de la vitesse.

 Hussardement.

Momentané moment damné.

Sur parchemin non contractuel.

J'y apporterai quelques ratures puisque j'ai longé le feu du repère de l'immonde.

Qu'est il advenu de ma face couchée sur le trottoir, en cet instant ci...

De ma gueule délicieusement morte.

Imprimée à l'éternité, la langue poussérieuse, gonflée de détestation.

Auparavant si tranquille, apaisée, unifiée, cloturée, prismée.

Insanité, insanité, à force de ne plus vouloir, à force de récrier.

C'est un bienfaiteur trépas que j'ai quitté.

Pour me perdre à nouveau chez les nés.

J'ai tué l'amour.

Puis je l'ai retrouvé.

Le Sixième Règne


https://www.youtube.com/watch?v=UF6SLqEtSFs&feature=youtu.be


Enfant des portes, es tu ici persuadé d'entendre le rêve terni de Yasgur ?

Tu jauges bien tes regrets à l'aune du firmament.

Tout là bas, en ce vallon cambré, sur la pelouse jonchée d'acide...

C'était cette heure chaude qui nous menait à l'autel.

Le sépulcral bouquet des symphonies lysergiques.

De la plaine du "six was nine", il ne reste rien.

Rien maintenant.

La guerre éclair du papier vert a tout ratiboisé.

C'est en torve nudité que les glorieuses ont explosé, menues, asséchées, pitoyables.

La fumée des fourneaux s'est répandue, comme le rhésus de l'utopie.

Le glas de quelques libertés entrevues, à peine murmurées.

Ca empeste.

Place nette pour la foire au dieu fric.

Les holdings se sont mises à saillir de l'individu avec dextérité.

Seventies.

Saisons du pugilat des coeurs, officines et cynismes.

De quel "hole you need" parlons nous, exactement ?

De celui des ondes opiacées qui verminent ta carotide ?

Ou du gouffre vermillon où je jette mon désarroi simiesque ?

C'est égal, il n'y a que de l'affreux à l'étal.

Du glauque infécond se subséquant à lui-même.

Comprimé dans des bocaux aminés, à l'abri de toute sénescence.

Ne vous en formolisez point, chers intrus.

Ca le conserve, comme un ressenti congelé dans la tourbe.

Noyé sous la divine aldéhyde.

Au tout début de la décade, on m'a mis les hémisphères à ciel ouvert.

Dans un bloc inopératoire, un repaire de forçats du vide.

Et il a bien fallu faire un minimum de tourisme.

J'ai arpenté les voutes.

J'ai glissé quelques synonymes.

J'ai confondu l'austral avec l'humus.

J'ai progressé dans l'intact.

J'ai écumé.

La cytose en bandoulière.

Légume.

Cellule.

Carne.

Viande en sérail.

Solitude ambitieuse, véreuse, nourrie à la vitalité de l'abime.

Le tragique canonisé.

Chauffage d'appoint, au satanique.

C'est dans une misère pénale que je me suis enfoui.

Saccagé en sursis.

Infraction sommaire au diktat du karma.

Pulsations.

Battements diffus.

Conditionnée en sapiens, l'âme finit par ployer.

La torsion délétère propose ses sévices.

Elle offre une peau.

Ne jugulez plus l'effroi, il rassure.

C'est bien malheureux.

Et je songe à la future collecte.

Les vendanges du diable ne payent pas de mine.

Il ne faut jamais faire attendre sa damnation intime.

Simple question de savoir vivre.

Respect dû aux esclaves.

Le sentencé a purgé sa ruine au cachot de ses jours.

Béton et briques, épouvantes toniques.

Arpège séminal.

Si peu de moi.

Vibre avec son époque.

Vibre au jour le jour.

Dans la liqueur, dans le veuvage.

Nourri aux breuvages, au décès instinctif.

N'attendre que la fin des fins.

Tout vient à point.

Chaque chose hante son temps.

En perpétuel inceste avec sa psyché délictueuse.

En délicatesse avec le monde, n'est-ce pas....

Infatuation.

Who do you think you are ?

Tu baises tes mots en prononçant cette sanction ?

Avoue toi juste que tu n'es pas ici pour expier quelconque méfait.

Mais que tu es simplement ici à cause de rien.

Des riens.

Des tous.

Retour souhaité à la matrice ?

Ne t'autoproclame pas décideur, sale mendiant.

Attends l'heure du rite, de la mydriase libératrice.

Aucune incantation pourtant.

Un semblant boréal, une caresse du jour ténu.

Un instantané de vigueur.

Qui l'eut cru?

Un intermède dans les vocables agiles de la déchéance.

Charogne, oeuvre pour une pause dans l'innommé.

Cela tempérera tes cratères.

Sentir l'air des sentiers revêches remonter de leur vengeance.

Les coraux tuméfiés de la grotte.

Revoir un pusillanime printemps.

Rester chacal.

Toutefois présenter patte douce.

On ne sait trop jamais.

Dans le tout venant du fugace.

Dans la coillanderie des sens.

Orfèvre.

C'est bien arrivé.

L'onirisme a fait sécession.

Un traître jour, j'ai reconnu.

De deux choses : Lune.

Ma destination.

Ma destruction.

Ma division de la joie.

La dernière syllabe.

Ma terrible aimée, la sainte furie qui achève mon sacre.

A dos de royaume, sur les épaules du géant.

Sur le dôme du délire.

Au plus haut, en digne héritière du sulfurique.

 La fille de Léda a érigé son empire.

Envahi, conquis, asservi, débordé, pénétré, déferlé, dépassé.

Harassé, cultivé, malaxé en tétanie.

On fonce vers la lumière, boy.

J'abdique.

 J'obéis, laquais, domestique, aux ordres de ses courbes.

Transe.

De nos échanges épidermiques marqués du sceau de l'euphorie.

Je n'ai que de juteux esclandres à en dire, des ardoises arrachées parmi des feux schizoïdes.

J'arrive à la prospérité, en chancelant.

Au moment précis où les énergies se satisfont.

Il n'y a rien de chétif :  ni contentement ni douleur.

Surdimension des éléments, proportions hébraïques.

Coco, assurément, c'est du biblique.

Et mon accoutumé versant se plaît à souffrir jusqu'à la lie.

Je m'en doutais.

 A la lisière de mon cerveau voguent douze ou treize mygales.

En myriades énamourées.

Elles n'allaient pas quitter l'esquif juste avant la grand scène.

Elles ont la politesse de jeter leur poison dans la story.

Au grand dam de la raison, en pied de nez.

Précautions, notions, cautions, périssez sur l'heure.

Je ne parlais pas le sanscrit : je le pratique.

Je m'harmonise.

J'aime comme on on s'hara-kirise.

Je n'ai pas honte d'être né.

Et je n'en ai pas de fierté non plus.

Mais la donne a changé, les arcanes se pourfendent.

Au seuil de l'odyssée de nos corps, les oracles délivrent leur sabir.

Je sens toutes les forces du vent, toutes les ondes téméraires.

Se rallier à notre cause, à nos croupes impudiques.

Je n'en dirai guère plus.

Les mots peints d'artifice trouvent leurs limites.

Leur superfétatoire indigence.

Alors laissons le futur trouver son sens furieux.

Il faut donner sa chance à l'ultime, au radieux.

De sa main, je veux périr, ou vivre.

En définitive les deux.

Puisque mille fois je meurs dans ses yeux.

Et que bien sûr j'y renais.

C'est un tourbillon de satin, un lac en flammes, une bacchanale maudite.

Une emprise.

J'ai trouvé mes cardinaux, mes funestes repères pour la prochaine mélopée.

Domine moi, Ophélie, fais toi fort d'éperonner mes lobes, de martyriser ma conscience.

A tire-larigot.

Ad lib.

In fine.

Je t'aime.

C'est l'algorithme premier.

De la pure géométrie.

Des escouades de farfadets qui tapinent dans l'incruste.

Tiens, ici, quelques éponges, des vitraux, des aciers, des chemins de croix à la rescousse.

Les mots du monde qui dévalent mon canyon.

Chouette, malin, chouette.

J'atteins la contrée nuptiale de la frénésie.

L'affliction ronge avec une précision diabolique.

Des zéros inscrits sur les parois du labyrinthique.

Passion.

Passion.

Sang, ivresse, enflures.

 Enluminures encodées, sexuées au paroxysme.

Langages.

La démence en marche pied.

Sa peau de lait.

Son dedans, son dehors.

En voyages.

Ingénue douceur tapissée de luxure.

L'excellence.

C'est du vorace.

Stupre écarlate.

Corollaires énigmatiques, un versus une.

J'ai raté quelques guerres, c'est su, connu, prouvé.

Désormais.

Désormais.

Je veux mourir chaque jour pour ne plus la quitter.