lundi 27 avril 2015

Salutaires finitions





Tout est bien, tout est bord cadre, tout est allumé
J'ai ma tête des jours déments, des grandes heures sauvages
La soupe maudite croupit dans un informel grès
Et je salive à la pitance du complet barge.

J'ai croyance en l'éternelle forclusion des âmes
En la doucereuse repentance des éperdus
A trop donner de soi, on fossoie son sésame
On ensevelit l'espoir, on songe au pendu.

La gerçure du glabre, l'incestueux manège des fous
A fait de moi un rampant, une cohorte minable
Je traîne ma vie comme on me pousse à la grand roue
Là, Il n'y a personne d'autre, je suis mon propre diable.

Damné à l'exil, en direction du perchoir
Sous la fourche, sous la trille, sous le couvercle fermé
J'apprête mes habits pour traverser le miroir
J'attends de cette guerre qu'elle me dévaste en fumier.

Tout marche par cycles, tout est métempsychose bleutée
Du petit enzyme je repars vers le guignol
Je m'administre la basse fermeture, je me tais
Je me revisse les dix huit clous à la chignolle.

Quoi, la prochaine, la suivante, la toute neuve, la next?
Une éventuelle créature qui remplacerait?
Un ersatz, un goût amer, un tout récent texte?
Une pâle copie de l'ancien festin, imparfait?

Non merci, nous préférons le futur à cru
C'est dans la jouissance du hasard que tout se tient
Le loisir de découvrir d'infinies blanches rues
Dans l'inneffable splendeur du labyrinthe humain.

Alors la course va se poursuivre en dents de scie
Je n'ai nulle peur du trépas, du sang, de la fièvre
J'ai l'orée d'un monde nouveau à ma seule merci
Je vais faire de mon supplice un travail d'orfèvre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire