dimanche 15 avril 2018

Là, Las Land

J'ai des envies de nacre, je veux tuer ces putains de journées de sagesse, les assassiner froidement pour qu'elles laissent place à tous les coeurs de cratère disponibles. Je veux tes lèvres. Je veux tes nuits, façon vertige à l'équateur, je veux entrer sur ton territoire blème et m'y avouer vaincu et désincarné. J'abdiquerais pour toi. Je buterais ce qu'il me reste à arpenter ici pour revivre dix minutes dans tes bras de vagabonde interstellaire.

J'y pense, comme les repentis aigris repensent aux anciennes cuites, aux moments où je touchais Dieu en ruisselant de vodka. Comme ces montées d'héro, lorsque l'univers devient parfait et nous intouchables, fous et libres, imparfaits et surpuissants. J'ai tellement aimé notre cyclone qu'il m'a laissé pantois. Coi. Interdit. Inapte à jamais. Il reste un ersatz qui dérive dans les limbes. Dans le néant. Dans le Deep. Dans des chimères cramoisies laissées sur l'autel de l'espoir d'un pauvre connard qui croit aux mirages. Amour? Plus pour moi. Machine à vivre. Robot inside, ladies and gentlemen. Automatic and insensitive fucker.

Il y a certaines chansons qu'on n'affronte pas, qu'on n'approche pas tant leur pouvoir sur la matière brute de l'âme est inéluctablement assourdissant. Tu es de ce calibre. On n'affronte pas tes yeux. Endormie, heureuse, en colère, triste, naissante au jour ou véhémente, tu es toutes, ma l'une, il faut que tu le saches. Aujourd'hui, les bas-fonds scintillent toujours et l'azur est d'encre, jusqu'au malaise qu'on se prend à aimer. Un gouffre glauque où je me vautre avec ardeur, comme si je n'avais jamais su faire autre chose que de rater, rater, et encore rater mon parcours de bipède malhabile.

Je t'ai attendu pendant 40 ans. Et nos danses de séduction épistolaires ont duré dix longues piges. Des milliers de jours à me cogner dans l'existence, le travail, les femmes, les paradis liquoreux, tout ça pour quelques mois d'absolu. Et après? Achète, mec, c'est pas perdu. C'est jamais perdu. Non. Parce qu'à l'instant où j'ai vu tes yeux, j'ai sombré corps et biens. Crucifié ad vitam. La bête ne s'en est jamais relevée. Même si l'on feint. On passe son temps à simuler qu'on est debout, pour les méandres sociétaux qu'il faut bien arpenter vaille que vaille.
Pour le matricule. Le salaire, la couverture, le masque.

Mais tout ça n'est pas bien grave, ma bien chère astéroïde 789. Je t'ai connue. Je t'ai aimée. Et je t'aimerai toujours. Ma chair ne ment pas. Je suis en paix. Dans l'intranquillité sereine.
C'est le chemin vers l'eldorado, chérie. Si nos pupilles ne se recroisent pas dans ce monde, mes tripes savent que le suivant sera propice à nos clairières de rage. C'est gravé dans la roche, par un cintré de première qui travaille larmes à la main.

Attends moi, ma petite fureur, mon cristal d'ambre, mon hamadryade. Attends moi. Je ne souhaite que ton pouvoir noir fouillant mes veines incertaines.

https://www.youtube.com/watch?v=Lv5qN4Qn9ss

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