vendredi 11 mai 2018

How a 75 years old man almost saved my life....



         J'ai vu la tournée "The Wall" de  Roger Waters trois fois en tout, entre 2011 et 2013. En matière d'intensité et d'effets visuels, je pensais avoir atteint le climax ultime. Et puis les thèmes abordés dans l'album me parlaient avec une acuité singulière. Puissantes sensations.



Le mercredi 9 mai 2018, j'ai de nouveau vu Waters en live. La tournée s'appelle "Us & Them". Je m'attendais à assister à un superbe concert. Aucun doute là dessus. Les shows du Monsieur sont toujours démesurés, dantesques, impressionnants.



Je ne veux pas trop en dévoiler, parce que Mathieu viendra avec moi aux concerts parisiens du mois de juin, et que cette expérience doit se vivre, selon moi, vierge et pas encombré d'images youtubesques propres à spoiler ce truc. L'expérience est telle qu'on doit se la prendre dans la tronche comme un uppercut.



Ceci étant, je peux ici délivrer quelques sensations : le spectacle est divisé en deux parties.

Durant la première, j'ai entendu un groupe soudé et sincère, soutenir les mots et la musique d'un homme brillant. Et tous ces mots, ces sujets abordés  (  le pouvoir, la solitude, l'aliénation par le travail, l'argent, la vieillesse, la guerre, la folie et la mort ) m'ont secoué l'échine comme jamais. J'étais sûr d'être perméable à ces notions ( mais qui ne le serait pas?). Pour autant, j'atais loin de m'imaginer qu'elles ouvriraient à ce point des digues psychiques en moi.

Je me suis rapidement mis à pleurer. Beaucoup.Vraiment beaucoup.

A penser à cette fameuse solitude que je traîne comme un boulet existentiel, à tout ce besoin d'amour que je ressens au fond de mes tripes, derrière ma façade ridicule de misanthrope à la petite semaine.

Waters a percé la carapace de celui qui écrit ces lignes.


J'ai pensé à Papa, qui me manque encore comme s'il était parti avant hier, j'ai pensé à cette vie que j'aurais voulue entièrement vouée à la musique et où je me retrouve cloué derrière un bureau de fonctionnaire, j'ai pensé à tout ce qui m'oppresse et à tout le courage qui me manque pour envoyer valser ce bordel en disant :" Allez tous vous faire foutre, vous et votre esclavagisme monétaire, vos chaînes sociétales, votre bien pensance de merde, je prends mon envol, je vais vivre maintenant selon mes principes, renaître et aimer de nouveau comme un illuminé, parce qu'il n'y a que ça pour donner un putain de sens à mon parcours terrestre. Tout le reste n'est que de la merde. Mais sentir la main d'un être tendre dans la mienne, c'est ça, la vérité. La source. La matrice. Tout le monde a saisi? Sur ce, fuck u all again and say hello to hell".

La première partie s'est terminée. J'étais couvert de larmes. C'était bon. Je suis monté haut, vraiment haut dans l'émotion. Et les actions kleenex ont dû faire un bond significatif à Wall Street.


Et puis le second acte de ce cirque rock a débuté.

Ce fut d'une tout autre teneur : rageur, vindicatif, politique, engagé.

Le tout avec des effets visuels et sonores tout bonnement incroyables.


Je n'étais plus dans la purge. Je n'avais plus rien à pleurer.

J'avais basculé dans l'espoir. La lutte. L'envie d'être debout. D'y croire.

Que les humains, sans verser dans un sentimentalisme bisounoursien, pouvaient encore réagir et se battre. Que l'esprit qui anime l'homo sapiens n'est pas fait que de haine, et qu'on est des millions à vouloir une autre vie.

Le dernier album de Waters s'intitule "Is this the life we really want?".

Je saisis mieux, maintenant...


Non. Ce n'est pas cette vie que nous voulons. De cet endroit où des cochons s'engraissent à coups de rétrocommissions et de parachutes dorés pendant que les moutons du troupeau souffrent, qu'ils en chient comme des bêtes de somme pour bouffer et avoir une existence décente. Nous voulons autre chose. Quelque chose de sacré, de pur, de fort, quelque chose qui remette les pendules du genre humain à l'heure une bonne fois pour toutes.


Je suis cynique. Désabusé depuis bien longtemps. Je ne me fais aucune illusion, au fond de moi. Je connais ma planète. J'ai bien peur que rien ne change. Parce que l'humanité est ainsi faite. L'espèce a mal tourné...


Mais entendre 20000 personnes applaudir et hurler leur colère lorsque le slogan "Trump est un porc" apparaît sur un écran géant, ça fait rudement chaud au coeur.

Et ça regonfle sacrément le réservoir d'optimisme.

On n'a aucune chance.

Eh bien saisissons la quand même.


Je m'appelle Jean-Julien Brérard.

Je veux aimer.

Je veux une autre vie.

Je veux la vraie, celle où je pourrais me sentir en paix, dans la tendresse et la douceur, je veux pouvoir regarder les yeux d'un être humain et pouvoir me dire : "Tu es là, je ne crains plus rien".


Je veux juste être heureux, quelques minutes ou quelques heures.


Merci M'sieur Waters.


You gave me hope.


And i'll try to hang on to my dreams from now on.

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