vendredi 19 janvier 2018

Plusieurs L'unes

Tu es bien le paradis que convulse la foudre – le paradis sans tache, l’Eden originel, d’où s’échappent les fleuves du creux même de tes hanches.

Et tu es ma lumière, cette lumière qui me veille dans mes nuits de fièvre, la lumière de tes yeux, de tes lèvres si douces où se déplie la soie de ton âme, la lumière de tes jambes où l’abîme de ténèbres se fait clarté de ton corps.

Toute ta chair illuminée… et ton ventre étendu est le champ si tranquille où croissent tous les lys blancs de nos cœurs enivrés.

Car tu es mon ivresse, et l’alcool de mon cœur, et dans tes vols aériens, le désir de mon âme dans ces cieux entrouverts que tu m’as révélés au secret de ta peau, dans les flots de tes cheveux, dans l’exquise finesse de tes doigts délicats dont les onglets dessinent des réseaux dans mon dos…

Comment dire l’unité de ton âme embrasée, de ton cœur battant l’univers au rythme des étoiles, de ta peau mordorée de tant de soleils tièdes – et de sourires de ta bouche où je voudrais me noyer ?

Je suis à toi corps et biens.

Tu m'es chair, mon amour.

Quelle joie de savoir que je te sois enchaîné, si librement enchaîné, que mon souffle n’est plus que celui de tes seins qui soulèvent ta poitrine.

Je me suis détaché de la mort. Je n'en ai plus besoin.

C'est en toi et avec toi que je veux vivre mes derniers instants d'homo sapiens.

Je ne crains plus rien. Car il n'y a rien. Rien au délà de nous.

Nous sommes troncs, racines, ruisseaux, galaxies, planètes, nous sommes la folie incarnée et pour rien au monde je ne veux que cela cesse.

Sauront-ils un jour à quel point nous nous sommes aimés?

A quel niveau d'incandescence avons nous porté cette grâce reconnue par nous seuls?

Elle nous a presque effrayé. Le surnaturel était à nos portes de simples mortels.

Des connexions, des portes ouvertes sur l'absolu, des ruptures impromptues dans l'espace temps de l'histoire des hommes.

Je garde tout cela au fond de moi, comme un mage protège avec ferveur ses secrets alchimiques.

La formule de cet élixir céleste est pourtant des plus simples : aimer.

Je veux dire :  AIMER.

Point.

Aimer à s'en faire sauter toutes les digues.

A en dérailler joyeusement.

A décoller pour des contrées inexplorées.

A en voir des choses qui n'existent que pour nos yeux de désaxés extatiques.

Je t'aime.

Bien plus que ce pauvre verbe de la langue des humains ne saurait le décrire.

Jean. 

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