mercredi 24 mars 2010

De l'utilité d'Abba-tre les préjugés, volume one.


Je possède un ami très cher, qui me raille régulièrement parce que j'écoute du Michel Berger. Il faut bien savoir que j'écoute du Michel Berger, qu'il m'arrive de trouver une chanson de Goldman qui me plaise (J'aime beaucoup "Elle ne me voit pas"), et que j'ai développé une passion déchirante pour le Martin Circus. J'ai bien conscience de l'aspect totalement casse gueule de ce post, m'y apprêtant sur l'heure à confesser des penchants honteux pour la musique dite populaire, mais, encore une fois, comme cité précédemment, et sans doute plus loin aussi, je vous emmerde. J'ajoute que le peu de personnes qui viennent se gorger ici de mes élucubrations limite le risque de grande honte publique. J'aime Michel Berger, donc, j'ai tous ses disques, son exigence et l'acharnement qu'il a mis à écrire des mélodies pop assez sophistiquées m'impressionnent beaucoup, et j'ai lu des bios sur lui, comme j'ai également dévoré des bouquins sur Bob Dylan, le vieux Mozart, ou Paul McCartney. Depuis que je suis en âge d'ingurgiter des sons, j'ai développé, parfois à mon regret, une capacité à aller fouiner partout où peut se loger une ligne mélodique intéressante. Je ne conçois pas cette situation comme un snobisme pratiqué au douzième degré, où il serait de bon ton de dire dans les soirées branchouilles qu'on s'éclate sur de la variétoche quand c'est très bien fait, que les disques d'Abba sont superbement réalisés, ou que j'apprécie tout particulièrement certaines oeuvres de Julien Clerc. Non, non, ce truc là, je le vis vraiment. Profondément. J'ai beau avoir mes deux godasses ancrées dans le rock, tout esprit de racisme musical me fait puissamment gerber (notons ici qu'il n'y a pas que la branche musicale du racisme qui me fasse gerber, mais tout un chacun en avait déjà convenu), et j'espère ne pas sombrer bêtement dans l'angélisme ou l'enfoncement caricatural de portes ouvertes en disant cela. Je passe ma putain de vie à traquer les bonnes chansons, et je jure devant Jimmy Page que si les BB Brunes écrivent un chef d'oeuvre, je me pulvériserai le cerveau avec. Cette éventualité est, somme toute, peu envisageable, eu égard à leurs dernières livraisons musicales. M'enfin...
Ainsi donc, je recommande l'album "Beauséjour", de Michel Berger, qui est d'une facture tout à fait honorable pour un disque en langue française. Tant qu'on y est, je conseille également "Ca ne tient pas debout", son dernier en solo, chargé d'un pessimisme pesant, tout en douceur adossée à la fatalité, très très bien écrit (je rappelle à tout le monde que je vous emmerde,hein). C'est pas du Manset mais ça me touche.
Quant à Abba, je suis stupéfait devant le boulôt accompli par le tandem des songwriters Björn
et Benny, orfèvres de la pop-song très légèrement stupide et efficace. Merde, il faut du talent pour pondre ce genre de choses. Le Paulo des Beatles en a déroulé aussi, du sirupeux qui cartonne, et je ne l'en aime pas moins. D'ailleurs, est-ce un hasard si Led Zeppelin a enregistré son dernier album chez les Abba? Pas fou, le Jimmy Page, il avait clairement entendu les immenses possibilités offertes par les Polar Studios en terme de mise en son, de qualité de production. "In through the out door" a été conçu là-bas, tout là-bas en Suède, chez les supposés crétins chieurs de guimauve.
J'en ai terminé. Je vais continuer à écouter Michel Berger, je vais aussi poursuivre mes modestes investigations sur le mystère que constitue le génie apocalyptique des Beatles, mais ça ne m'empêchera en aucune manière de m'éclater au Sénégal avec Gérard Blanc et son groupe.
Stravinsky, Boulez, Zappa, Le Forestier, Souchon, Boney M, Captain Beefheart, même combat.
Bien à toi, Monsieur Berger. Une bise à mon cher Florent, au passage, que j'avais fortement menacé de représailles amicales et textuelles s'il continuait à se foutre de ma gueule pour mes goûts aléatoires et disparates. C'est fait, mec.

3 commentaires:

  1. Salut, c'est la glue ...
    Encore un très bel article.
    Quand je t'ai demandé si tu aimais "Mon fils rira du rockn'roll", je n'avais pas encore lu cet article.
    A propos de Paulo qui fait du bon sirop, un des meilleurs exemples est "My love", ça dégouline mais qu'est-ce que c'est bon !
    Un bon vieux Boney M à la radio, dans le genre disco commercial (y a t il eu du disco non commercial ?), ça peut paraître ridicule et ringard, mais ça fait du bien par où ça passe.
    En parlant de bons français, j'avoue une certaine admiration pour Balavoine et une très grande admiration pour Polnareff (période 60s jusqu'à mi-70s surtout), osons !

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  2. Côté français, je conseille aussi Nino Ferrer, qui a fait beaucoup mieux que Mirza et Gaston ! C'était un très grand. Tu connais ?

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  3. Oui, il a fait de très bonnes choses hormis les gros tubes variétoches, et a notablement souffert que l'on ne retienne que ses chansons "gag". Il lorgnait même du côté concept album, le gars.

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