lundi 27 avril 2015

La traversée des ombres




Lugubres et pantelants, les oripeaux s'affairent,
Nous avons troqué nos iris pour d'amères haches
C'est bien l'ère des spectres qui franchit ces deux cerbères
Pour déverser sur nos âmes son infâme panache.

Délétère, la fonction terminale: delete Terre
Que le vivant s'annihile, froissé en fierté
Qu'il retourne au vide, à l'innommé, à l'éther
La voie est libre pour le sacre de l'insanité.

Là bas, j'aperçois de faux amants dans mon ciel
Ils se mirent, s'atermoient, se palpent et se déhanchent
Bien modestes poupées régies par l'ironique fiel
Qu'ils batifolent à foison avant la calanche.

N'ont ils pas saisi que rien n'existe désormais?
Que cette planète est froide, qu'elle est nue, qu'elle se meurt?
Que c'est l'ombre qui se joue des rêves diffamés?
Qu'à trop braver le mal, il sort de sa torpeur?

Il fallait nourrir nos doux coeurs à l'utopie
Et non pas nous croire plus purs que les divines plaines
Nous aurions vaincu à faire du drame une charpie
En lieu et place, nous vomissons l'ancien éden.

Grands dieux, seigneurs, empereurs des noirs abîmes
Faites fondre votre courroux sur ces stupides vanités
Puisqu'il est bien impossible que rien ne l'infirme
Que l'atroce vérité éclate, chers invités.

Il est trop tard, le dark réclame son satan dû
Vous êtes attendus, prenez place, disposez vous
Six fois trois, par rangées de dix huit contigus
Calez vous l'échine face à l'écran, juste dessous

La cérémonie des dingues c'est pour tout de suite
La grande kermesse des cerveaux qui explosent, boum boum
Inutile de tenter, pantins, une quelconque fuite,
C'est au gun qu'on vous reprendra, à la doum doum.

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