lundi 27 avril 2015

Sacrifice de la mélopée






Et quand bien même tu aurais ainsi survécu
A cette traversée, à la folie, à l'amour
Devant ce qu'il te reste à vivre, tu n'es que nu
Tu fais face à l'immensité de tes carrefours

Car la ligne droite est oblique, bien tordue, malade
Tes repères ont basculé dans une dimension
Où tout est faussé, les courbes, les traits, les arcades
Tu reviens de passion, la gueule en contorsion

Il ne fallait pas s'y aventurer, preux candide
Ne jamais croire à l'amour comme on fait joujou
Tes ailes sont brûlées, rongées par tous les acides
Par le vitriol de cette corde nouée à ton cou

Et pourtant, regarde toi, malgré tont teint de craie
Tu as vécu la plus grande des saintes chevauchées
Tu as craché ta vie, pressé la roue, aimé
Tu as goûté au plus dément, à l'insensé

De tout ce qu'il reste à advenir ici bas
Rien ne sera, rien ne vaudra, rien ne saura
Etancher ton palpitant, tempérer ta foi
Aucune fleur, aucune came ne possède cette aura

La pilule est puissante, le philtre a infusé
Parmi tes douleurs est née une nouvelle force pure
L'inouï pouvoir à arpenter les routes défoncées
La capacité à dompter toutes les cassures

C'est en revenant brisé de ton fou voyage
Que ton sacrifice a pris enfin tout son sens
Le glaive qui te lacère le dos, qui tisse ta cage
Te fait libre, royal, devin des infimes essences

L'ultime est foyer, l'absolu est territoire
Avant de me fondre dans le somptueux iréel
Je vis mes dernières lueurs d'incarné notoire
Et j'attends le coup de grâce, résolu au ciel.

2 commentaires:

  1. C'est Beaudelairien à souhait.
    Merci !

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  2. Merci à toi !! C'est un peu "quarantenaire acnéique qui a une poussée poétique tardive".....

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