mercredi 22 avril 2015

Pentes





https://www.youtube.com/watch?v=x-vleMd2ITA


I . Le Sabbat de l'unicité


Feulement.

Familier feulement.

Ce sont tes gorges qui s’enlisent.

Apocalypse du devenir entier.

Qui t’a prévenu ?

La terre a parlé, ses racines ont vu, elles.

Au plus atroce.

Profondément.

Les lombrics grouillent à plaisir, bienheureux de rentrer en leur possession.

D’innerver.

De déposséder ta chair de son libre arbitre.

Laisse les.

Ils vivent.

Ils arrivent.

Dans l’émoi délicieux.

Splendeur indicible.

La haine sur tes lèvres.

Enfin.

Mort à soi-même.

Tas d’os.

Putride joliesse.

Viscères sans mouvement, riches du vide absolu.

Purification.

Putréfaction.

Rare est faction.

Tu te reconnaîtras, au dedans, viens, viens, engloutis, opère, calfeutre, avale tes obliques, jouis de ce rien.

Salvateur.

Tric.

Trac.

Caduque espoir.

J’exulte.

Pour la suite du possible amer.

Le mal était en subtile jachère.

Il festoie à présent, il se découvre beau.

Et tout est submergé, la honte est morte.

Sur son modeste cadran.

Elle était pesante, lourde, charriait l’espoir nauséabond.

Des reflets imparfaits.

Vérité biaisée.

Diaphane, coupable, vaporeuse.

Lumière de chimère, déguerpis, fossoie ta viande.

Je me tiens à la disposition du frère néant.

Noir.

Nom.

Non.

Noir.

Tout est loin.

La brume, maintenant.

Dans le présent du tant vécu.

Je m’éveille à la nuit.

C’est le jour qui était terreur.

L’aube, elle, était erreur.

Je m’éclaire aux flammes de l’ombre.

Abandonné et fier.

Luisant cuisant.

Toute puissance de l’échec.

Danse et joue, chromosome, fie toi au Rex.

Le chemin de la douleur te nourrira, tu n’auras plus soif , ni faim.

C’est ton sang qui sonnera juste.

Ton cri.

Tout me hurle.

Dans les galeries obscurcies au sang.

Creusant le noyau des sphères.

Jouxtant le magma, au plus près du ventre.

Tu vas vivre mort.

Qu’il sera doux de goûter à tous les repos des abysses.

L’existence, infâme infante, est retournée à ses tréfonds.

A son pieux mensonge.

Elle a écarquillé ses pupilles ineptes.

Son visage a explosé sur d’informes varices.

Le goitre du réel a fondu.

Cher docteur, avez vous une fiole de joie ?

Que je la réduise en d’innocentes miettes…

Mon songe, mensonge.

Je ne visite plus mes cauchemars.

Je les vis, oui.

Il fallait périr de leurs sceptres miroités.

Prunelles pommelées, veillez à rester à distance désormais.

Je ne conçois plus que la cécité terminale.

L’informe est une science.

Il se conceptualise dans la chirurgie hormonale.

Précise, cruciale, implacable.

J’ai quitté l’enveloppe, je précède la gloire de tous les espaces furieux.

En vue, à l’horizon : la non matière.

Je pleure ma fleur tout en la dévorant.

Je crache de la lucidité en alvéoles.

C’est sordide et beau.

Nous sommes des multitudes.

Portant des bouts épars de quelques nous.

Venus d’un royaume où la folie est d’époque.

Alanguie, vermeille, ocre, tenace, imprégnant le linceul du vivant.

C’est la liberté originelle, juste au commencement du territoire de Bébé, de l'édenté éphémère.

Et c’est létale qu’est dépeinte l’aurore, depuis peu.

Le bouc me toise.

Fixé dans son socle de granit.

Le bouc me sent, me voit, m’appréhende, me vise.

Je me soumets à l’occulte.

Le complot du venin ourdissait ses très riches heures.

Qu’il fasse office, qu’il soit somptuaire, qu’il soit l’antithèse.

C’est bien le glabre virginal qui s’efface.

Pour laisser place à la volupté des chevelures de l’hystérie.

Ici m'aime. Pour l'ailleurs promis.

C'était écrit.

Aucune justice dans nos destinées.

Ce sont de pauvres lignes jetées en pature aux ténèbres.

Des détails, quelques souffles, des peurs de mélasse.

Des hantises à demeure.

Va vers ta colère, maintenant.

Désunis toi.

Déracine toi.

Dépossède ton antre de ses oripeaux.

Quand bien même as tu encore des pensées.

Extermine les.

Méticulosité.

Il n'y a plus d'idées.

Colifichets.

Que d'anciennes effluves de parfums orbitaux, des sens à peine souvenus.

Clarté de la peine.

Obsession en déconstruction.

Fin du moi.

Je me suis perdu.

Je me suis vu.

J'ai tué l'amour.



II. L'art est naissance



Les ruelles du c'est ici s'appauvrissent d'heure en heure.

Dans un coin, une ombre en esquisse.

Une suggestion, un corps.

Même pas.

Une harpie drapée dans sa vase.

Tiens toi.

C'est l'exacte senteur du bitume qui t'a bercé jusqu'ici.

D'une courte tête.

C'est la précision des cordes.

Les neutrinos en suspension.

Une parcelle en usufruit, tout un univers à louer.

Tu étais dans l'oeuf.

Tu visitais le pur rêve des morts en vacances.

Pâleur encore.

Rien n'est inscrit sur tes membres.

Névrotique, amphibique, amniotique.

Un essieu dans une eau troublée.

Un coeur inconstitué.

Disloqué, heureux gémisseur, profite de ta verdeur.

Goûte cette aurore.

Puisque l'animal a survécu.

Il peut frémir.

Rougir.

Militer pour son absence.

Tes yeux ne se voient pas encore.

Mais les mirages de la conscience sont annoncés.

Petit privilège de ton rugissement futur.

Tu vas revenir.

Tu es déjà en route vers ce jour maudit

Sauvez moi de l'appel des néons.

Vivre.

Calembour inique.

L'inepte incarnation.

Réhumanisé.

Tu vas devoir te vautrer dans la souffrance absconce, te réacclimater.

Abject objet.

C'est un manque de respect que de continuer.

Je me suis tellement réjoui de la perte des flux.

Je ne pourrai pas y retourner.

Qu'y faire ?

Pour brûler encore quelques jetons calibrés ?

Travestir mon semblant dans la cité plasmique ?

Trahir mon invraisemblable désir ?

Tronquer le ça ?

Me diffuser ?

M'arranger avec quelques sires à sbires...

Tanguer sous la servilité.

Ramer.

Lutter.

Aimer.

Crever.

Allons.

Rester en mort, c'est mon plus cher souhait d'ébène.

Prolongez mon exil, veillez à mon éternelle syncôpe, je vous en prie.

C'est une excuse abordable.

La créature me voit, à présent.

La Sylphe incessante, la mante.

Ses globes m'envisagent crânement.

Fort bien. Fort beau.

Tu n'as qu'à tendre la main.

Je me broierai peut-être les phalanges, si j'ai un rire bleuté à perdre.

Haleine proche.

 Brusquement une envie d'indignité.

De moiteur chambrée, de visites édifiantes.

Elle est en femmée, se dit vagues, se pousse.

 Je veux. Tout je veux.

Nuée à l'atmosphère, derrière une dorure obscène de rideaux, empourpre moi prestement.

 Pululle sur mes jambes et indispose moi à la rigueur du blanchâtre.

Gorgone apparentée, tu seras musique, mère, femme, espèce critique.

Désinvolte racine noyée d'immature.

J'accepte ici la recomposition des frontières.

Je signe ma reddition.

Seulement, sur le vif, au travers du visage de la vitesse.

 Hussardement.

Momentané moment damné.

Sur parchemin non contractuel.

J'y apporterai quelques ratures puisque j'ai longé le feu du repère de l'immonde.

Qu'est il advenu de ma face couchée sur le trottoir, en cet instant ci...

De ma gueule délicieusement morte.

Imprimée à l'éternité, la langue poussérieuse, gonflée de détestation.

Auparavant si tranquille, apaisée, unifiée, cloturée, prismée.

Insanité, insanité, à force de ne plus vouloir, à force de récrier.

C'est un bienfaiteur trépas que j'ai quitté.

Pour me perdre à nouveau chez les nés.

J'ai tué l'amour.

Puis je l'ai retrouvé.

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